Meilleur souvenir de tes études / formation ?


Mon meilleur souvenir remonte à très loin (forcément). Au CM1. Nous devions quitter la France pour 2 ans et rejoindre mon père, muté en Angleterre, et déjà en place depuis 2 mois.

Cette année-là, le spectacle de Noël de l’école était sur le thème de la comédie musicale « Hello Dolly ». Et devinez qui a été choisie pour interpréter Dolly ?!? C’était un clin d’œil du Directeur de l’école (et Metteur en Scène) pour rendre moins pénible à son élève cette séparation tant redoutée. J’ai pleuré ce jour là, mais pas de tristesse…

Cette histoire s’accompagne d’une anecdote : arrivés en Angleterre, nos bailleurs nous accueillaient comme il se doit, avec thé, shortbread, muffins, scones, marmelade et lemon curd. Depuis ce jour, je suis devenue une accro du shortbead et je me liais immédiatement d’amitié avec la fille de nos hôtes. Elle s’appelait Louise Danton ! Elle était une arrière, arrière… arrière… arrière petite fille de Notre Danton !!


Le pire ?


Sans hésitation, le jour où j’ai obtenu mon BAC… ce fut épique ! A 19h j’étais recalée… à 20h j’étais reçue… à 20h30 recalée et enfin à 21h30 reçue avec mention… Autant dire que mon stress ce jour-là était à son apogée ! Heureusement, je m’appelais Dulac et non Durand ou Dupond, sinon, je pense que j’y serais encore !

En fait, l’examinateur et sa « greffière » ont un peu (beaucoup) cafouillé entre Dulac, Duparc, Delafontaine, Delamert (ne riez pas, c’est vrai !!). Le pire, je crois, fut pour les autres… ceux qui étaient reçus à 19h et qui se retrouvaient recalés à 21h30…

C’était à Beauvais, en juin 1983, les résultats étaient affichés à 19h, habitant très loin, mon prof de philo m’appelait pour me tenir au courant : j’étais recalée (même pas bonne pour le rattrapage !). J’avais eu 16 en philo mais 3 en histoire/géo… Ne vous moquez pas ! La production à l’export du maïs en URSS ne m’a jamais passionnée et ne m’a jamais servie plus tard! 20h, coup de fil d’une amie pour me féliciter… Mais si ! Elle me jure que mon nom est bien sur la liste des reçus !!! Rappel de mon prof de philo, confirmation que je suis reçue, la greffière avait confondu Duparc et Dulac… 20h30, dans la liesse familiale et les projets de futur proche (enfin, après les vacances hein !), le téléphone sonne… Toujours mon prof, désolé, la greffière est vraiment fatiguée, elle ne sait plus où elle en est, finalement c’est Delafontaine qui est reçue et pas Dulac… Ha ! Ha ! Ha ! Elle est bien bonne !! Comment ça ? Ce n’est pas une plaisanterie ? 21h30, And the winner is… la dernière version de la fameuse liste était finalement Delafontaine, et Dulac reçues… Delamert et Duparc recalés…



 Meilleur souvenir ou anecdote lors d’un entretien d’embauche ?



Une anecdote d’abord, arrivée à Marseille en 1994, je me suis inscrite à l’ANPE en recherche d’emploi pour un poste d’Assistante de Communication. Au bout d’une semaine, je reçois l’appel d’une conseillère qui me propose un poste de Pompiste en station service… Et en plus je me faisais engueuler parce que je le refusais !

Quant à mon meilleur souvenir d’un entretien d’embauche, c’est justement celui que je n’ai pas jamais eu ;-) :

Un soir, il y a trois ans, je recevais un appel sur ma ligne professionnelle, un concurrent… Il avait entendu parlé de moi et il avait obtenu mes coordonnées auprès d’une cliente commune. Il veut me rencontrer pour me proposer un poste. Ce qui fut fait très rapidement et c’est finalement lui qui a passé un entretien ! Pour la première fois, je n’avais pas besoin de me vendre, pas besoin de me justifier, c’est lui qui me voulait !!! Du pur bonheur !! Un seul entretien a suffit pour confirmer que je commençais dès que possible. Dès que je fus en poste, je m’empressais d’adresser un joli cadeau à cette cliente « providence » qui venait d’avoir un BB.


Le pire ?


Mon BAC en poche (j’ai quand même attendu de recevoir le bout de papier avant d’y croire !), j’ai voulu expérimenter les concours pour évaluer mes capacités et tester mes envies. J’ai donc tenté celui d’Inspecteur de Police (si !si !) et celui de l’Ecole Normale. Pour le premier, l’épreuve de sport m’a stoppée net.

J’ai passé chacune des étapes de celui de l’Ecole Normale avec succès jusqu’à la dernière cession : l’entretien oral. J’arrive donc à cet entretien, confiante, nous n’étions plus qu’une trentaine sur les 300 du départ. Face à moi, trois êtres froids, dénués de toutes expressions…

  • « bon, nous arrivons à la dernière question : si je vous donne deux livres à faire étudier à votre classe de primaire, lequel choisissez-vous entre les mémoires de François Mitterrand ou celle d’un cadre supérieur d’IBM ? »
  • « … »
  • « Vous n’avez pas d’autre choix que ces deux livres, lequel SVP ? »
  • « Je prendrais celui du cadre supérieur chez IBM tout simplement parce que l’auteur pourrait être mon père, je pourrais plus facilement maîtriser le sujet… »
  • « … »
  • « Merci Mademoiselle, vous recevrez votre résultat par la poste »

Naïve ? Il fallait que je réponde Mitterrand ? En tout cas, cela a bien fait rire mon père qui m’a branchée politique des heures durant !! Cherchez l’erreur…


Parmi tes expériences professionnelles, quelle est celle où tu t’es le plus épanoui(e) ?


Dans chacun de mes emplois, j’ai appris quelque chose, aussi je me suis épanouie dans chacun. Mes employeurs ont coutume de dire que j’ai le don pour m’approprier mon emploi et d’en faire une fonction dans laquelle je me sens bien…


Et le moins ?


Quand j’ai travaillé comme Conseillère Financière chez un intermédiaire bancaire. C’était horrible... Nous faisions de la « restructuration financière de patrimoine » une jolie expression pour parler de surendettement, rachat de crédit, hypothèque, interdits bancaires, dettes, saisies sur salaires… C’était très dur émotionnellement de voir ces familles (il y a pourtant si longtemps) endettées, au bord du gouffre. Quand on arrivait à les en sortir, c’était une bonne journée… Mais souvent, on ne pouvait rien… J’ai souvent eu la gorge nouée, les larmes aux yeux…

Il y avait les gens honnêtes, ceux qui voulaient s’en sortir et qui devaient, la mort dans l’âme, hypothéquer leur maison pour avoir une chance d’y arriver. Ceux, honteux, qui dissimulaient des crédits pour ne pas avoir l’air trop désespéré. Ceux, malhonnêtes, qui trichaient sur les justificatifs, ne voyant en nous qu’une ènième façon d’obtenir un crédit en étant interdit bancaire. Et il y avait nous, nous qui prenions des honoraires pour tout ça….


Une délicieuse anecdote au travail ?


Je vous propose donc d’aller lire ou relire la réponse de Boy Job & Comm dans la rubrique « Quel Boulot » de Christian.


Et un mauvais souvenir ?


Mon premier job à Marseille… Le premier contact avec la ville fut assez trouble… Je travaillais dans un quartier, comment dire ? Un quartier assez… chaud.

Un jour, deux hommes en civil, garent leur moto devant la porte de la boutique, rentrent, et, sans piper mot, s’installent derrière la vitrine. Je tente une approche… Ils détalent comme des lapins juste après avoir entendu un message radio, juste avant que je n’arrive à leur hauteur… en m’adressant un signe qui était censé me rassurer. Un remake de Strasky et Hutch ! Le lendemain, rebelote… Je vais les voir et ils me sortent une carte du Gouvernement Intérieur, Brigade des Stups… Et bien au moins j’étais en sécurité !!! Leur petit manège a duré des semaines, jusqu’au jour où, un CRS rentre dans la boutique, me demande de fermer le rideau et de rester enfermée jusqu’à nouvel ordre, sans plus d’explication. En fait, ils étaient en train de démanteler un réseau de trafiquants dans le parking…

La fin de l’histoire ?? Un matin, j’ai trouvé porte close, rideau baissé, étagères vidées. Mon patron avait mis les clés sous la porte ! Il avait pris la poudre d’escampette avec mon salaire, mes congés, mon préavis, mes heures sup, il avait même embarqué mes effets personnels !!

Aucun rapport avec les faits précédents, mais avouez quand même que cela faisait beaucoup pour commencer une nouvelle vie dans une nouvelle ville !


Une belle rencontre professionnelle ?


Beaucoup de belles rencontres…

- Mon futur mari, rencontré il y a 25 ans, chez Feu Vert dont il était le Directeur.

- Une grand-mère de 80 ans, mère de la propriétaire de la librairie que je devais informatiser. Elle était espiègle…version Tatie Danièle… On s’entendait à merveille, elle m’avait apprivoisée avec ses crêpes à la confiture de fraise et ses flamiches aux poireaux et elle m’appréciait parce que j’en savais plus dans mon domaine que sa fille et son gendre et qu’elle aimait quand on leur clouait le bec…

- Une femme de ménage, de ces femmes qui ont besoin de travailler et qui ne demandent rien en retour que leur chèque sans jamais souffler, sans jamais se plaindre. Je n’avais jamais vu quelqu’un s’échiner à ce point à la tâche, dans la discrétion, la bonne humeur, consciencieusement, respectueusement, tellement bosseuse qu’elle était limite esclave. Nous sommes toujours en contact après presque 20 ans.

- Des petites mains, ces femmes qui brodent, coupent, cousent, pour que nos tops models arborent de magnifiques robes. Des grands couturiers et des moins grands…

- Un skipper phocéen, que j’ai humblement aidé à mettre en page sa demande de sponsor à Evian. Un homme simple et discret malgré sa notoriété, porteur de belles valeurs, d’une belle image, celle du sport respectueux…et qui n’a pas oublié de me complimenter sur mon travail. J’étais heureuse de le voir ensuite sur M6 prendre le départ de sa course avec son sponsor et depuis je suis ses exploits.

- Et puis il y a….Renata, « le blog du 6ème sens » rencontrée, il y a 10 ans tout juste, lors d’une formation de recrutement et management avec le Groupe Sodexho, devenue ma meilleure amie.

Pardon à ceux que j’oublie, mais la page blanche n’est pas infinie non plus !


Une mauvaise ?


- Mon ex mari, rencontré il y a 25 ans, chez Feu Vert dont il était le Directeur. ;-)

- J’ai eu aussi un patron calculateur, manipulateur, mégalo… dont la citation personnelle était « un jour il ne restera que les 3 opérateurs et MOI »

- J’ai été amenée à m’occuper de l’inauguration et la promotion d’un très célèbre théâtre pour un très célèbre showman… La célébrité donne parfois ça : chaque fois que ce Monsieur appelait, j’avais exactement le même discours « Passez moi Françoise ! » « Bonjour, vous êtes Monsieur ? » « Comment ça ? Vous ne m’avez pas reconnu ? » à force, son manque de politesse et sa suffisance me permettaient de le reconnaître à chaque fois !


Dernière question : que peut-on te souhaiter pour le futur ?


Un job bien payé ;-) et si en plus je fais ce qui me plait, quand il me plait alors….

Oups !! Je reprends :

Un job bien payé (je suis une femme d’argent…), dans la communication en toute autonomie. C’est fou comme deux mots bien choisis peuvent tout changer ;-)




Un grand merci à Nathalie et à sa mascotte Boy Job & Comm pour s'être prêtés au jeu !



La semaine prochaine nous découvrirons les souvenirs de ...

Véronique